vendredi 11 mars 2011

Playstation 2 : Ico


On rêvait d'un jeu qui allie à la fois poésie, beauté visuelle et sonore, histoire troublante et plateforme? Eh bien Team Ico, avec à sa tête Fumito Ueda, l'avait fait, et ce en 2001 sur la Playstation 2. Préparez-vous à vous laisser plonger dans un univers totalement à part dont vous ne sortirez pas indifférent. Une remasterisation HD pour la PS3 est prévue, avec sa suite Shadow of the Colossus et le petit dernier, The Last Guardian.

Notre jeune héros.

L'histoire est simple et obscure : Ico est un jeune garçon de 12 ans doté de cornes ; les villageois, effrayés, l'enferment dans une forteresse bannie à l'écart de tout, où sont morts des centaines d'enfants sacrifiés avant lui, enfermés dans des sarcophages dans un immense tombeau. Il va toutefois parvenir à se libérer, et va sauver une jeune fille très pâle du nom de Yorda elle aussi enfermée dans une cage, à part, et constamment pourchassée par les ombres des morts qui veulent la récupérer sur ordre de la mystérieuse Reine...
Ainsi commence leur grande aventure pour sortir de cette immense forteresse inextricable...

Un certain souci du détail.

Dès les premières minutes de jeu, on sent qu'on est loin de tenir un jeu classique entre les mains, de par son atmosphère tout d'abord oppressante (dans le tombeau par exemple) ainsi que ses jeux de caméra permettant d'apprécier l'immensité des décors, très peu colorés mais débordants de réalisme et très finement détaillés. On peut, d'ailleurs, bouger la caméra même pendant les cinématiques, permettant d'avoir une vue d'ensemble de la scène sans être bloqué sur un seul plan. A l'extérieur, c'est une explosion de beauté graphique : on prendra plaisir à observer l'horizon ou encore à repérer les endroits dans lesquels on est déjà passés auparavant sous un autre angle. Les mouvements des personnages sont bluffants de réalisme et restent extrêmement naturels ; on peut même s'amuser, en braquant la caméra sur Yorda, à observer ses mimiques, ses gestes, ses réactions selon les situations. Son AI très développé lui permettra également de parfois s'éloigner du garçon pour aller regarder autour d'elle, puis ensuite revenir à ses côtés, ou encore exprimer sa peur ou son mécontentement.

La pâle Yorda. Qui est-elle exactement?

Cela m'amène d'ailleurs à parler du gameplay : comme vous pouviez vous en douter, Ico est un jeu d'aventure plate-forme avec, à la clé, l'utilisation des deux protagonistes. Ainsi, les deux adolescents peuvent effectuer des mouvements d'entraide pour passer certains obstacles. Par exemple, Ico peut tendre la main à Yorda pour l'aider à passer un gouffre apparemment infranchissable. Parlons-en d'ailleurs de la main, un élément très important dans le jeu puisque vous devez vous assurer qu'elle reste bien à vos côtés (si vous vous éloignez trop, les ombres risquent d'apparaître pour l'emmener, et si vous ne réagissez pas assez vite elle se fera engloutir par elles et alors c'est game over) et que donc, pour cela, vous devez lui tenir quasi-constamment la main (mais également la lâcher à tout moment). Au cas où vous la perdriez de vue, en appuyant sur le même bouton, Ico peut l'appeler. Dans ces moments, si Yorda est très éloignée, la caméra se dirigera sur elle jusqu'à ce qu'elle vous rejoigne. Pratique non?

Tout juste!

Bien entendu le jeu se constitue également de phases de gameplay solitaire. A part combattre des ombres maléfiques, vous devrez également résoudre beaucoup de petits puzzles et mécanismes ma foi très intéressants qui vous emboîteront le pas durant votre quête de liberté.
On ne perd pas vraiment de vie, mais si les ombres engloutissent Yorda, vous serez renvoyé à votre dernier point de sauvegarde. Si les ombres n'ont pas d'attaques très offensives, vous jeter à terre suffira à leur laisser gagner du temps...il faut donc rester vigilant! Vous vous en doutez donc, le combat est un élément très discret dans le gameplay qui propose surtout beaucoup d'autres choses, fait contribuant à l'aspect poétique et original de ce titre. Gardons également à l'esprit qu'à part nos deux personnage le seul être "vivant" que nous croiserons est le boss final, et c'est cette ambiance de "seul contre l'immensité" qui fait d'autant plus ressortir la force de nos deux jeunes héros liés par un lien pourtant invisible.

L'un des nombreux mécanismes que l'on trouvera au long du jeu.

Pour ce qui est de la bande-son, comme ICO ne fait rien comme les autres, le doublage (assez peu présent, "les gestes parlent plus que les mots" serait une belle expression pour décrire ce jeu) a été fait dans une langue totalement inventée juste un peu basée sur le japonais, accroissant encore le dépaysement. Notons d'ailleurs que seules les paroles d'Ico et de la Reine sont traduites ; les mots de Yorda, eux, restent d'étranges idéogrammes. Cependant il vous sera possible d'accéder à leur traduction après avoir terminé le jeu au moins une fois, avec d'ailleurs d'autres bonus comme la possibilité de jouer en deux joueurs, etc.
L'absence de musique (à part certaines situations particulières) met en valeur la tranquillité de l'ambiance et les bruitages parfaitement bien réalisés, ricochant contre les sombres murs de pierre. Pour les rares mais sublimes musiques, le composeur n'est autre que Michiru Ooshima, qui s'est également occupé de la bande originale de Fullmetal Alchemist.


Soyons clair : Ico est un jeu nettement hors du commun, se démarquant par sa poésie, son calme, et ce mystère constant embrumant la forteresse et les rares protagonistes, le tout extrêmement plaisant à jouer grâce à la maniabilité exemplaire d'Ico. Peut-être aurions-nous espéré d'ailleurs plus d'explications, mais c'est cette sorte de voile non levé justement qui fait de ce jeu ce qu'il est, donnant libre cours à son imagination. Mystique et enchanteur, tels sont les termes pour décrire cet incroyable titre qui n'a pas pris une ride.

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